Comment justifier de longs mois d’absence ? Et pourquoi, au fond, devrais-je me justifier ?
Nos vies sont comme des étagères parfaitement rangées : une routine bien huilée, un emploi stable, une famille épanouie, des loisirs bien choisis. La société semble nous pousser vers cette image d’une vie « bien remplie », où chaque case doit être cochée pour attester de notre réussite.
Dès notre plus jeune âge, un certain chemin nous est tracé. On nous enseigne la valeur des études, l’importance de trouver un bon emploi, de gagner de l’argent, de fonder une famille, d’acquérir une maison, de partir en vacances, avant de prendre une retraite bien méritée. Cette narration, devenue presque un dogme, façonne nos aspirations et nos comportements.
Nous vivons aujourd’hui selon ces préceptes, parce qu’à un moment donné, quelqu’un les a énoncés. Il y a très longtemps, un accord tacite est né : « en échange d’un travail, je te donne quelque chose. » Ce « quelque chose » est devenu l’argent. Puis, « si tu veux quelque chose, donne-moi quelque chose en retour », et encore une fois, ce « quelque chose » s’est matérialisé en argent.
Toute notre existence actuelle, nos traditions, nos religions, notre routine quotidienne, nos métiers… tout découle de ces énoncés initiaux, de ces vérités qui nous ont été transmises.
Pourquoi ne travaillons-nous pas le dimanche ? Parce qu’un jour, quelqu’un l’a décidé. Pourquoi devons-nous payer nos successions ? Pourquoi accordons-nous tant d’importance à l’âge pour définir les étapes de nos vies (début de carrière, mariage, enfants, retraite) ? Pourquoi la réussite est-elle si souvent mesurée par l’accumulation de biens matériels ?…
Ces règles sont également le fruit de décisions passées, de systèmes mis en place et aujourd’hui bien ancrée dans nos vies.
Ceci n’est pas un appel à la rébellion. La société est ainsi faite ; le pouvoir et l’argent continuent de dicter leurs lois, influençant chacun de nous. Comme dirait une amie « L’argent ne fait pas le bonheur, mais il est plus confortable de pleurer dans une Porsche que sur un vélo ! »
Quand j’échange avec d’autres entrepreneurs indépendants, nous partageons souvent le même constat : la liberté de pouvoir gérer notre temps est un avantage inestimable. C’est une manière de rompre avec certaines règles. Au travail, pourquoi devrions-nous tous commencer à la même heure, travailler les mêmes jours ? La réponse semble se résumer à cette idée : « parce qu’un jour, quelqu’un l’a dit ! » Les premiers décideurs ont sans doute imaginé pouvoir nous façonner selon leurs propres idéaux. Je crois qu’au début, cette approche a plutôt bien fonctionné, puisqu’aujourd’hui, une grande majorité de personnes vivent encore selon ces préceptes établis il y a fort longtemps. La minorité qui choisit de ne pas suivre ces règles sociétales est souvent perçue comme des marginaux, des atypiques.
Gérer son temps, travailler à son propre rythme, définir ses objectifs et ses revenus… Voilà un idéal auquel il est difficile de renoncer une fois qu’on l’a expérimenté.
Pourtant, cet idéal – mon idéal – n’est pas adapté à tout le monde. Certains ont besoin d’un cadre, de règles bien définies à suivre pour se sentir en sécurité et performants.
En tant qu’assistante administrative indépendante, j’apprécie aussi l’ordre et la structure dans mon travail. En revanche, dans ma vie personnelle, je vis, en apparence, de manière déstructurée : pas d’achat immobilier, pas de vie de couple, pas de revenus fixes. C’est une semi-liberté qu’il n’est pas toujours facile d’assumer dans une société qui nous pousse et nous contraint à partager chaque aspect de notre existence, jusqu’à notre intimité.
Travailler plus, pour gagner plus… Au détriment de la vie de famille…
J’ai choisi de travailler et de profiter de ma famille, d’essayer de prendre le temps de vivre, selon mes envies.
Comment trouver l’équilibre entre liberté et sécurité, le besoin de cadre et l’envie de s’affranchir. Existe-t-il un « juste milieu » ?
Une réflexion qui me suit depuis longtemps que je vous partage en direct du train Ouigo, ce dimanche 6 juillet 2025.







Laisser un commentaire